Blog de l'Association La Roustide Cours Julien (Marseille)

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Le légume mystère


 

  « C'est quand les carottes sont cuites que c'est la fin des haricots. Et bilatéralement. »

Pierre DAC



 

Je suis un fruit... On m'appelle faux chervis, gironille, pastenade, pastonade... Les irlandais me nomment « miel souterrain »...Je suis originaire d'Afghanistan... Je peux être blanche, jaune, violette, rouge mais surtout orange ... on consomme ma racine... Vous n'avez toujours pas trouvé ? Derniers indices : on dit que je rends aimable...Alors, je vous sens perdu... Quand je suis cuite alors tout est perdu... Vous opteriez pour la carotte, mais l'indice initial la caractérise comme un fruit ? Impossible me direz-vous? Un fruit, quelle hérésie ! Au temps de l'inquisition, ce genre de remarque aurait valu le bûcher ! Et bien impossible n'est pas européen, mes très chers !

 


Explications :


Au sein de l'Union Européenne un règlement stipule que seuls les fruits peuvent servir de base à la confection de confitures. La confiture de carotte, étant une spécialité locale portugaise, L'UE dans sa grande mansuétude, pour en assurer sa protection, a décidé que dorénavant la carotte aurait le statut juridique d'un fruit et non d'un légume. Et un mystère éclairci !

 

Réputée pour sa production de pavot, qui selon la version officielle, sert à agrémenter nos baguettes, miches et consorts, l'Afghanistan n'en demeure pas moins le pays originel de l'ancêtre sauvage de la carotte.  Fière de ses origines et de son fleuron national, un proverbe afghan a vu le jour en leurs honneurs : « Sous les pavots, la carotte ». A prendre au sens propre, comme au sens figuré ! Le pavot ramenant des bénéfices substantiels (52 % du PIB afghan) digne d'une belle carotte.


Et une stère (deux mystères) résolu !

 

Et c'est un arc en ciel qu'arbore la carotte. Son ancêtre sauvage de couleur rouge et pourpre, apparu en Afghanistan, s'est propagé à travers les siècles et les contrées. Ses couleurs variaient du blanc au noir, en passant par le jaune, vert, rouge, pourpre et violet. Quid de la couleur orange ? Jusqu'au XVI ème siècle la carotte orange était inconnue au bataillon !


L'intervention humaine permis de combler cette lacune : et tous nous devons honorer et rendre hommage au peuple hollandais, qui par l'ingéniosité de ses obtenteurs, créa la carotte orangée. Mais cette création n'est pas le fruit du hasard : les hollandais soucieux de montrer leur allégeance à la Maison Orange-Nassau, décidèrent de créer un légume à leur couleur, témoin de leur respect. Ainsi, en croisant une variété à chair rouge et une autre à chair blanche, ils obtinrent la fameuse variété orange. A noter, que la même explication prévaut quant à la couleur orangée des maillots des sportifs hollandais (dans ce cas le croisement d'un maillot rouge avec un blanc ne s'est pas avéré nécessaire).

 

Mais pourquoi diable, tant de vénération envers la famille Orange-Nassau ? Qu'ont-ils pu apporter pour qu'un peuple en arrive à de si nobles récompenses ? Ni plus, ni moins, que l'indépendance des Pays-Bas !


Guillaume d'Orange, dit Guillaume le taciturne, est connu pour avoir été l'initiateur de la révolte des Pays-Bas espagnol contre le roi d'Espagne Philippe II. Cette guerre de quatre vingt ans mena à l'indépendance des Provinces Unies (ancêtre des Pays-Bas actuel). De plus, après cette délivrance, le pays va connaître une prospérité séculaire sans précédent, nos trente Glorieuses à nous, nommée « Gouden Eeuw ».


Le peuple hollandais n'étant pas ingrat, remercia ses bienfaiteurs par cette carotte orangée, qui destin hors du commun, allait conquérir le monde ! (Dommage que les français après la période faste des Trente Glorieuses n'aient pas créé une carotte aux couleurs du drapeau français. Espérons que l'arrivée des OGM résoudra ce problème).

 

A l'instar du céleri, la carotte, à ses débuts, n'était considérée que comme plante médicinale ou ornementale. Son côté amer et fibreux la rendait impropre à la consommation. Il fallut la main de l'homme, après une multitude de sélection, pour façonner une carotte digne de fondre sous nos palais avertis.

 

La légende voudrait que les carottes rendent aimables. Les hollandais ne devaient pas connaître l'existence d'une telle vertu, ayant attribué la carotte orange comme symbole d'idolâtrie à Guillaume le Taciturne. Ce mythe émanerait de l'entêtement bien connu de nos amis les ânes. Pour lutter contre l'inertie de ces équidés, l'ânier avait recours à la carotte ; cette friandise en guise d'appât  était destinée à stimuler la soif de découverte du monde de ces animaux trop casaniers. Et le miracle de la carotte se révélait à chaque fois : l’amabilité supplantait l'entêtement, et le mouvement, l'inertie.

           

La carotte, par le passé n'était utilisée que comme plante fourragère. La découverte du carotène en 1910, permit de populariser ce légume, et c'est à la fin de la Première Guerre Mondiale que la carotte prit son essor dans l'alimentation humaine. Selon les récits de nos paysans de cette époque révolue, une courtoisie prononcée et une affabilité empreinte de respect étaient les pendants des relations sociales des animaux de la ferme.

 

Outre son caractère phallique, la carotte serait la plante idéal pour la gente féminine désireuse de prévenir tout événement fâcheux : ses graines équivaudrait à la pilule du lendemain, et sa racine, sa couleur orangée étant à l'origine de cette croyance, serait le catalyseur et le prestidigitateur des menstruations : elle ferait apparaître les règles.

           

Conseil AMAPien :


Pour les AMAPiens désireux de conserver les vitamines et vertus de cette plante, on s'abstiendra de peler la carotte à l'économe : la peau renfermant les principaux éléments nutritifs. Un grattage infime s'avérerait judicieux, un couteau, une râpe ou une brosse étant les outils adéquats.

 

Conseil étymologique :

Je tenais également à démystifier cette étymologie farfelue sur l'expression « les carottes sont cuites », colportée par des archéologues férus de civilisation égyptienne et avides de reconnaissance : Selon eux, aux temps « pharaonesques », hiéroglyphes à l'appui, les habitantes du Caire avaient pour habitude, de bronzer sous un soleil torride, et de revenir saoules le samedi soir pour évacuer la pression de la semaine de travail ; Ce qui aurait donné ce proverbe, ancêtre du notre: « les Cairotes sont cuites ».

 

 

« Faute de pomme, contente toi d'une carotte »

Proverbe russe

 

 

Guirec

 

 

 

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G
Merci ! Si grâce à cet article, le lecteur peut briller lors de soirée mondaine, alors je me dois de continuer ces textes. Nous nous devons de représenter dignement les AMAPiens dans les hautes sphères de la bourgeoisie française. Peut-être y trouverons nous quelques mécènes pour La Roustide.
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C
bravo GUIRECje ne sais pas où tu as trouvé tout ça (non wikipédia ne suffit pas) mais  j'adore littéralement ce genre de billet : instructif, drôle et qui va me permettre de faire la maline à table ce soir, e briller en société quoi. en plus les carottes crues c'est très bon aussi. bises à touscatherine
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