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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 13:43


Hier après-midi a eu lieu la rencontre avec une délégation japonaise, je m'y suis rendu.

Elle s'est déroulée sur l'exploitation Les Olivades des Vuillon à Ollioules. Cette réunion a été organisée par Daniel Vuillon, un membre local du réseau URGENCI et un journaliste japonais du DAYS JAPAN, qui a servi d'interprète tout au long de l'après-midi.

La délégation était composée de 6 femmes dont 3 ont présenté la « branche » principale de leur organisation. En fait, le système japonais est très structuré et aussi très complexe. En gros, si j'ai bien suivi, à l'heure actuelle, il existe 3 grandes organisations sur tout le territoire japonais :


1. KIRARI (qui regroupe 4 autres grandes organisations : S-COOP Osaka, Coopérative de l'université Momoyama-Gakuin, TOSHI-SEIKATSU et la Coopérative des personnels des écoles du département de Hyugo)
2. GreenCoop
et 3. Seikatsu-Club.

Nous avons donc eu la présentation de chacune des grandes organisations. Je vous fais un rapide résumé de ce que j'ai retenu et compris.

 

  1. KIRARI

113 000 membres. Est le fruit de la réunion de plusieurs « coopératives » dont la plus ancienne date de 1966 (université Momoyama-Gakuin). Ils fonctionnent essentiellement par le principe de coopérative : ils centralisent des achats des individuels et soutiennent des producteurs au niveau local. Ils organisent aussi des visites d'exploitation mais le principal mode de fonctionnement n'est pas aussi direct que nos AMAP. Cependant, ils soutiennent aussi le système Sanchoku-Teikei (contrat direct entre consommateurs et producteurs).

  1. GreenCoop

360 000 membres. Créée en 1988 sous forme d'associations de mères de familles. Ici aussi, cela fonctionne essentiellement sur le mode d'une coopérative gérée par les consommateurs. Ils sont en plus très orientés dans la lutte pour la défense de l'environnement et du social avec plusieurs campagnes : Pro-Savon (préconisent l'utilisation du savon ordinaire aux détergents), création d'un fond de solidarité sociale, réutilisation de bouteilles de verre, ouverture d'une usine de lait, lutte anti OGM.

  1. Seikatsu-Club

272 181 membres. Créée en 1965 en commençant par l'achat collectif de lait. Ils fonctionnent aussi essentiellement sur le mode de coopératives mais sont aussi très impliqués dans les activités mutualistes (assurances : médicale, sur la vie, incendie, automobile) et dans le développement d'outils d'information. En 1989, ils ont reçu le prix d'honneur de RLA (Right Livelihood Award), qui serait un « prix Nobel alternatif ». Ils sont aussi trèss impliqués dans la lutte anti-OGM.

Donc globalement, il faut retenir que le système japonais est très différent de notre mode de fonctionnement : même s'il continue à  exister des Teikei (ce qui se rapproche le plus de nos AMAP), leur développement est passé par des super coopératives avec des systèmes de gestion très organisés puisqu'ils arrivent même à  faire des livraisons à  domicile, la plupart du temps par des membres qui créent ainsi leur propre emploi. La gestion est organisée pour favoriser essentiellement les producteurs locaux. Donc il existe à  la fois des systèmes ressemblant à nos AMAP, des systèmes de commandes de produits (équivalent à  ceux qu'on pourrait trouver dans une AMAP) et en même temps des sortes de « grandes surfaces » qui ne proposent que des produits répondant à leur charte, mais ouvertes au grand public.

Ils sont aussi très impliqués dans la vie politique puisqu'ils militent beaucoup : contre les OGM, contre le nucléaire, pour le recyclage. Certaines organisations arrivent même à présenter des candidats aux élections locales.

Ils semblent avoir un énorme impact au niveau social puisqu'ils arrivent à créer des centres d'accueil pour personnes âgées, pour personnes handicapées, à  organiser des meetings, des réunions, des sorties éducatives pour les enfants, des cours de cuisine pour les plus grands.

Ils sont tous très impliqués dans la lutte pour l'environnement, la sécurité sanitaire (la plupart ont mis en oeuvre des outils d'évaluation interne), l'auto-suffisance (c'est leur principal mot d'ordre), et même s'ils ne sont pas des fanatiques du BIO, ils prônent la diminution massive de l'utilisation d'engrais de synthèse et globalement de toute « matière d'origine douteuse ». Ils ont d'ailleurs développé une campagne pour le « porc nourri au riz » qu'ils produisent eux-mêmes. Ils développent en permanence une « charte » de confiance entre eux, consommateurs, et les producteurs et ils font des contrôles en interne. Enfin, ils sont tous aussi impliqués dans le commerce équitable NORD-SUD puisqu'ils achètent de l'huile d'olive de Palestine...

Une question a été posée sur le mode de financement : cela diffère en fonction de l'organisation : soit il y a un versement tous les mois de la part de chaque adhérent d'environ 100 YEN (0,70 euros) soit il y a une majoration du prix des produits de l'ordre de 0,25% par produit.

En conclusion, leur structure est telle à l'heure actuelle qu'ils ont un vrai poids dans la balance politique et sociale de leur pays. Ce sont devenues des super structures actives dans la plupart des domaines agro-environnementaux.

Enfin, petit clin d'oeil culturel, ce n'est pas un hasard s'il n'y avait que des femmes dans la délégation : au Japon, ce système est principalement porté par les femmes au foyer qui participent activement à la vie de la structure (gestion, tri, organisation, livraison, commandes, ....).

La soirée s'est terminée par un petit buffet/barbecue.

Jean-Philippe



PS : J'ai récupéré des documents qu'ils nous ont fourni pour détailler un peu plus. L'intégralité de la réunion a été enregistrée en audio et vidéo.

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Publié par Guilbert de la Roustide - dans Manifestations externes
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