SAISON 22 : du 10 octobre 2016 au 10 avril 2017

Assemblée générale de l'association le 13 mars 2017

 

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 08:33



Que se passe-t-il sur l'exploitation?
Réponses sous forme d'un entretien avec Jocelyne et Jean-François...


Nos producteurs : Jocelyne Fort & Jean François Mallet


Votre parcours et pourquoi le bio ?

Nous sommes exploitants agricoles depuis toujours et en SCEA depuis 2001. Nous sommes en agriculture biologique certifiée depuis 1992.

L’agriculture bio est pour nous, essentielle pour le respect de la terre, pour que nos terres soient toujours cultivables par les générations futures, pour notre santé et pour la santé de nos consommateurs.

Les difficultés de produire en bio sont nombreuses, cultures avec peu de rendement dû aux aléas climatiques (chaleur, humidité), herbes, maladies, parasites. La réussite en culture bio nécessite aussi beaucoup plus de main d’oeuvre.



Le passage en AMAP… vos motivations ?

Jusqu’en mars 2006, nous étions en grandes cultures (300 000 salades, 11 hectares de céréales, 60 000 kg courgettes et 120 000 kg de melons avec diverses petites quantités d’autres produits comme aubergines, tomates, poivrons, fenouil, choux...) avec environ 6 produits par an que nous commercialisions principalement à 90 % sur l’Allemagne et la Suisse. Nous ne pouvions plus continuer ainsi, car nos prix de revient étaient de plus en plus élevés et les prix d’achat fixés par nos acheteurs (et non par nous) étaient de moins en moins élevés.

Notre exploitation n’était plus viable et l’endettement grandissant nous avons dû chercher une nouvelle manière de pratiquer le métier qui nous tient à coeur. C’est pourquoi nous avons mûrement réfléchi pendant environ 2 ans afin de restructurer l’exploitation et c’est ainsi que nous sommes entièrement passés en AMAP en avril 2006.

Nous travaillons sur 20 hectares de terre, 16 000 m² de serres, et environ 8 hectares de plein champ, nous faisons tourner les terres de dehors tous les 3 ans en mettant en jachère le reste des terres non occupées.



Pourquoi le système AMAP ?

Le but était de fidéliser notre personnel qui n’était que saisonnier, de nous faire à chacun un petit salaire, chose que nous n’avions plus depuis 3 ans, et aussi de faire connaître notre métier car nous n’avions jamais de retour des personnes qui consommaient nos produits. Ce n’est pas facile de passer de 6 produits à environ 70 à l’année, toute une nouvelle technique que nous sommes en train d’apprendre, un autre métier dans la même profession. Nous voulions également pérenniser notre exploitation et valoriser la terre.



Votre installation dans ce nouvel univers semble bien se passer... dites-nous en plus !

Aujourd’hui nous délivrons l’équivalent de 200 grands paniers dans cinq AMAP : Marseille, Istres, Martigues, Nîmes, Villeneuve-lès-Avignon.

Nous sommes 100% en AMAP : toute la production est uniquement destinée à nos consomm’acteurs.

Aujourd’hui, nous sommes arrivés à salarier 4 personnes à l’année, à les investir dans les AMAPS, à trouver enfin un vrai relationnel avec nos consommateurs. En ce qui nous concerne, nous en sommes presque à nous faire un petit salaire chacun. Les personnes sur l’exploitation sont : Mylène, Laurent, Patricia à plein temps, Pierre à mi temps, on peut ajouter 1 emploi à plein temps sur 3 mois en été ce qui fait 10 500 heures environ.

Nous avons confiance et avec vous nous y arriverons ! Nous ne reviendrons, je pense, jamais en arrière, c’est trop bien de pouvoir communiquer avec vous et de faire pousser autant de produits. C’est passionnant !! Tellement passionnant qu’aujourd’hui nous aidons d’autres agriculteurs à s’installer en AMAP.




Les salariés de l'exploitation : Laurent, Mylène, Mohamed, Patricia et Pierre






Une saison passée pleine de projets... parlez-nous du projet verger ?

Fin 2007 début 2008 lors d’une journée formation, une idée a germé dans la tête des AMAPiens à propos des achats des fruits d’hiver. En effet nous ne sommes pas autonomes en ce qui concerne les fruits et devons les acheter à d’autres producteurs. Les membres de l’association Cours-Julien ont donc eu l’idée folle de nous proposer de planter un verger !

Les trois AMAPs de La Roustide, la Roustid’Istres, A tout Bio de Martigues et celle du Cours-Julien à Marseille, étaient présents lors de la construction du projet verger en juillet 2007. Pour nous une grande confiance était née. Après la deuxième année d’AMAP un « tissu », un lien impensable à nos débuts, avait vu le jour !

En février 2008 une horde de citadins débarque à La Roustide pour aider à planter le verger dans le cadre d'une journée formation : 500 arbres de 50 variétés anciennes.

Mais le projet est toujours en cours, si vous voulez mettre votre petite graine ce sera avec joie : irrigation, paillage, taille pour les trois premières années, étapes qui ne sont pas encore financées. Vous êtes toujours les bienvenus sur La Roustide pour une action ou une autre qui fera avancer le projet!



Parlez-nous des projets... sur la saison 5 ?

Nous avons pu, grâce à la Nef (Société coopérative de finances solidaires), acheter le fourgon pour les livraisons (cela nous fait une économie de 500 € par mois par rapport à la location que nous avions depuis 2 ans 1/2).

La saison 5 ne fut pas une très bonne année. Malgré nos efforts et notre expérience le climat ne nous a pas beaucoup aidé ! Il y a eu un manque de luminosité ce qui a empêché une pollinisation normale d’où un manque de tonnage sur les tomates, aubergines, les courges... Nous avons eu des vers dans les poireaux, ce qui ne nous était jamais arrivé depuis que nous sommes en AMAP. Nous avons pu assurer le remplissage des paniers sans avoir de plus. Nous n’avons pas pu faire de conserves comme les autres années et compenser les aléas de production.



Parlez-nous de la saison 6 et de ses projets...


Nous avons assuré la diversité pour cette saison 6 malgré les soucis de culture des choux, poireaux et carottes (à la demande de nombreux AMAPiens, nous avons acheté une palette de carottes en février distribuées dans les paniers au grand bonheur de beaucoup d’entre vous).  Vous avez eu aussi des agrumes. Ceux-ci venaient de Corse où lors de nos vacances d’octobre sur cette magnifique île nous avons été reçu par des AMAPiens de Marseille. A cette occasion  nous avons rencontré un paysan arboriculteur avec qui nous avons convenu d'un envoi d’agrumes.

Depuis février 2009 nous pratiquons des échanges avec Olivier Pichot qui jusqu’à ce jour pratiquait la traction animale avec Joyeux (son cheval) dans les vignes. Je l’ai rencontré lors d’une formation «devenir producteur de légumes en AMAP» organisée par l’ADEAR du Languedoc-Roussillon où je participais en tant qu’intervenant.Olivier voudrait s’installer en maraîchage en travaillant avec son cheval et avait besoin d’apprendre comment semer, planter et récolter les légumes. Jean-François, lui, voulait apprendre à travailler avec le cheval. La rencontre a pu se faire depuis février 2009. Olivier vient à La Roustide pour travailler vos légumes et en profite pour prendre des notes tandis que Jean-François travaille en douceur avec Joyeux. C’est génial, on ne le reconnaît plus quand il est avec le cheval !



Sans cesse en évolution... qu’êtes-vous en train d’expérimenter?

Depuis la saison 5... Nous expérimentons différentes façons de cultiver. Tout d’abord nous avons essayé un paillage biodégradable sans OGM (à voir avec le temps). Nous avons planté les salades sur un sol non cultivé, c’est-à-dire que nous gardons dans la serre tout le végétal de l’ancienne culture : nous le broyons, nous le laissons se décomposer et nous enfouissons tout cela sur 5 cm sans toucher la vie microbienne et nous apportons ainsi de l’azote à notre terre. D’autres projets sont en cours : installer du photovoltaïque sur la toiture sud du hangar, faire une cuve pour récupérer l’eau de pluie afin d’être autonome en eau et en électricité sur l’exploitation, utiliser la source découverte au verger, ainsi que le puits enfouit derrière les serres.

Depuis la saison 6... Le broyage végétatif des cultures et la replantation ont bien réussi aux salades et aux choux, mais moyennement bien sur les courgettes. Nous sommes toujours à l’essai sur d’autres espèces.

Nous avons décidé de ne pas remplacer le plastique de 5 tunnels et d’y installer à la place du filet afin de pouvoir y planter les choux et les poireaux qui auront une culture d’extèrieur tout en étant protégés des insectes.

Pour la saison 7... Nous continuons l’essaimage des AMAPs dans notre région sachant qu’il y a de plus en plus consom’acteurs et toujours aussi peu de paysans! Nous parrainons en ce moment 3 nouvelles AMAPs sur le Gard (Alès, Sommières, Nimes).

Une délégation d’Urgenci s’est rendue à St-Pétersbourg (Russie) en 2007 afin d’établir les bases d’un partenariat d’échanges de semences avec l’Institut Vavilov. Un lot de semences de tomates, d’haricots coco roses et de cornichons de Toulouse nous a été envoyé à titre expérimental pour étude et multiplication des cultures et récoltes (lire l'article sur le site d'Urgenci : 4-biodiversité).



Et la solidarité ?

Avec les AMAPs nous valorisons notre métier, nous responsabilisons les citadins sur le maintien d’une agriculture propre. Aujourd’hui grâce aux AMAPs, nous avons changé notre façon de nous nourrir, nous avons créé 4 emplois à l’année, et nous évoluons dans nos réflexions; ce sont nos échanges avec les AMAPiens qui nous font évoluer. Depuis que nous sommes en AMAP, nous avons aussi changé nos rapports avec les autres agriculteurs, nous parrainons des agriculteurs en bio en AMAP, nous recevons des stagiaires agricoles, nous intervenons dans les écoles pour expliquer aux enfants ce qu’est le bio et pourquoi manger bio.



Vos perspectives d’avenir ?

Être toujours actifs en militant pour convaincre le plus de monde de changer les modes de productions agricoles ainsi que les modes de vie pour que notre planète soit préservée.


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Publié par Guilbert de la Roustide
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